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الجمعة 15 ديسمبر 2017
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Ecole publique / privée: éducation payante, les pauvres laissés pour compte

Quatrième rentrée scolaire à Gafsa, depuis la révolution. Les grèves à répétition, rythme scolaire inadapté, la faiblesse dans la qualité de l’enseignement et des principes pédagogiques. Tous ces éléments ont pour conséquence la désertification des écoles publiques au profit du secteur privé. Les parents, de plus en plus désespérés, décident de placer leurs enfants au sein d’école privés, qui elles, connaissent un vrai essor.

« Pour être professeur chez Samah school, il faut avoir suivi des formations à différents niveaux, surtout pédagogique. Un encadrement spécifique est garanti par des superviseurs du ministère de l’Education » indique Samah Tlili, directrice d’une école privée qui porte le même nom school, école privée au centre-ville Gafsa.

Fondée en 2010, par cette jeune diplômée en littérature et civilisation arabe, l’école connait un véritable succès depuis. « D’année en année, le nombre des élèves augmente et le niveau avance grâce au système éducatif de qualité et la supervision des élèves durant le temps de garde et l’éducation  pour les langues étrangères » indique la jeune propriétaire de l’école.

Samah Tlili estime que le niveau d’étude des élèves venant des écoles publiques s’améliore après leur arrivée en classe privée,  « surtout au niveau des langues, puisque l’école privée se distingue par l’apprentissage des langues. Par exemple, la langue française est enseignée dès la maternelle et l’anglais en première année ».

La ville de Gafsa  compte désormais 14 écoles privées et 3 autres ont prévu d’ouvrir leurs portes pour la rentrée en date du 1er octobre 2014. Un nombre qui s’est considérablement accru depuis la révolution.

Refka Alimi, secrétaire dans une association à Gafsa et mère  de Malak, 6 ans, a choisi d’intégrer sa fille au sein d’une école privée au centre-ville Gafsa, elle explique son choix :« J’ai mis ma fille en classe préparatoire d’une école privé  l’année dernière. Elle était très motivée et douée en maths et en français. J’ai donc choisi qu’elle continue dans le secteur privé qui garantit une éducation de qualité avec un bon encadrement des enseignants. Ma fille va pouvoir ainsi bénéficier d’activités périscolaires et acquérir un bon niveau en langues et en informatique ».

L’école publique à la dérive 

Depuis la rentrée de septembre, les élèves de  Belkhir, Om lagsab, Gettis, Alim Sned et d’autres villages de la zone rurale de Gafsa n’ont pas de professeurs. Ces « oubliés » du ministère de l’Education Nationale continuent à venir en classe une heure avant le début des cours mais aucun professeur n’est présent pour le moment. D’autres écoles souffrent du manque d’eau et d’équipement sanitaire.

 Voic un reportage réalisé par notre équipe à l’école primaire Bel Keir, il y a quelques jours:

 Bouzid Haj Ali directeur de l4école 9 avril à Belkhir: « Depuis 14 ans, le manque d’enseignants est récurrent mais nous avons toujours trouvé une solution avec l’intervention des adjoints ». Mais à Bel Kheir et dans les localités rurales environnantes, les enfants sont menacés d’une année blanche, à savoir: pas d’école. L’équipe scolaire menace de faire une grève.

Ali Abdallah, membre du syndicat de base de l’enseignement primaire et enseignant affirme que « la priorité pour tout le pays doit être l’éducation. Mais en Tunisie, notamment dans la région du Gafsa, il faut réformer le système qui souffre du manque de développement ».

Dans les régions rurales telles que Belkhir et Sidi Aich, l’absence d’infrastructures adéquates au sein de l’école, les problèmes de transport, d’hébergement et de lieu de restauration découragent les jeunes professeurs affrétés dans ces localités. La difficulté est plus grande pour les femmes enseignantes qui sont également victimes de harcèlement. Certains professeurs sont donc présents mais refusent d’aller travailler malgré l’ordre donné au ministère de l’Education Nationale de démarrer les cours. Les enseignants réclament par ailleurs des augmentations de salaire.

L’éducation reste un droit pour l’enfant et un devoir de l’Etat envers le citoyen. Le recul de l’école publique au profit des écoles privées introduit un nouveau clivage où seuls ceux sont qui ont les moyens financiers peuvent scolariser leurs enfants.

Pour les autres, la question d’un avenir reste incertaine pour tous les enfants issus de milieux populaires.

 ecole

 

 

 

Un reportage de Faten Khlifa

Photo 1: Elèves de l’école privée Avicenne / Gafsa

Photo 2: Ecole Bbel Kheir n’a pas ouvert ses portes, les enseignants manquent à l’appel. 

Crédit photo: Tunisie Bondy Blog




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